Au pays de Marlboro
Au pays de Marlboro
De cette fenêtre où, allité que je suis
Mon regard fixe les mêmes pins que jadis,
Je me surprend à penser avec mal lisse
Qu'un matin, du bien-être connu je m'enfuis.
Le champ des possibles m'était bien familier,
Du grand bonheur ou de la froide déception
On m'a imposé la seconde solution.
- Terre de Liberté, je suis ton prisonnier.
Du Salut que j'implore à vos dieux marchands,
Ces entrepreneurs qui ne parlent qu'en dollars,
Je n'entend que les prières d'autres bagnards
Et ne reçois que quelques pièces d'argent.
Mes viles pensées doivent s'arrêter ici,
Une Nouvelle ère débutera demain.
Je fais l'honnête serment d' ouvrir ce chemin
Menant vers New-York, Cali et Philadelphie.
Ou bien, dans la plus grande des confidences,
Je me laisserai guider vers mon vieux sapin,
L'être qui culmine mon infime lopin
Et célèbre chacune de mes semences.
A vous tous, mes Frères, mes Précieux et Amis,
Ne cherchez pas à vous enfuir sans réfléchir,
Du grand Calvaire vous n'êtes pas les martyrs.
C'est de ma triste cellule que je l'écris.